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guide des relations sculpteur-consommateur

Documentation » Guide des relations sculpteur-consommateur » page 7

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Le marché de la sculpture originale (suite)

9- Conservation et restauration des sculptures (suite)

Il arrive que la transformation de l'oeuvre par les éléments naturels, la patine qu'elle acquiert ainsi, son vieillissement ou encore l'intervention du public par des graffitis soient prévus par l'artiste, qu'ils fassent partie de son évolution, qu'ils soient même souhaités par l'auteur.

Certaines sculptures, à cause des procédés de fabrication ou des matériaux utilisés sont destinées à un usage interne. Certaines ne peuvent être transportées qu'avec d'infinies précautions. L'artiste se doit d'en informer l'acquéreur qui de son côté doit respecter les directives de l'artiste. Lorsque l'artiste informe adéquatement l'acheteur quant aux limites d'utilisation d'une de ses oeuvres, ce dernier ne peut par la suite le tenir responsable de la détérioration précoce de l'oeuvre que si l'usage prescrit a été rigoureusement respecté. Par ailleurs en acquérant une oeuvre d'art, le collectionneur accepte d'assumer une certaine responsabilité par rapport à l'oeuvre qui, en quelque sorte, fait partie de notre patrimoine culturel; d'où l'obligation morale de respecter l'usage prescrit.

Plusieurs artistes contemporains cherchent à exprimer leur appréhension face à l'avenir à travers les techniques et les matériaux qu'ils utilisent. En toute conscience, ils choisissent des matériaux périssables et adoptent des techniques ou des procédés de fabrication qui font de leurs oeuvres des objets particulièrement fragiles, voire destinés irrémédiablement à la destruction. Planifié par l'artiste, le processus de destruction fait partie intégrante de l'oeuvre. Les créateurs de telles oeuvres se doivent d'en informer rigoureusement le collectionneur qui, en toute connaissance de cause, accepte ou non le caractère éphémère de son plaisir esthétique et l'impossibilité de considérer son acquisition du point de vue de l'investissement.

Ces informations sur le potentiel et les conditions de conservation de l'oeuvre devraient figurer dans le devis d'entretien accompagnant la fiche technique remise à l'acheteur et dans la copie destinée aux archives. Il est entendu que ces responsabilités d'information du consommateur incombent également aux intermédiaires qui représentent l'artiste auprès de la clientèle.

10- Le sculpteur et les pratiques commerciales

Le sculpteur est un professionnel qui, comme les autres artistes, tente de vivre de son travail, de son oeuvre. Ses coûts de production sont cependant beaucoup plus élevés que ceux des estampiers, des dessinateurs ou des peintres. Ses matériaux coûtent généralement beaucoup plus cher. La nature des matériaux utilisés, la complexité des techniques et des procédés de la sculpture, la force physique exigée par ce travail, lui impose souvent d'avoir recours aux services d'assistants, de praticiens ou de techniciens, voire d'ingénieurs qu'il doit rémunérer. Ses outils, ses instruments de travail sont aussi plus nombreux et plus sophistiqués et leur prix est parfois très élevé.

Les risques encourus par la pratique de son métier lui imposent des frais d'assurances additionnels. Le caractère tridimensionnel de ses oeuvres de même que leur poids obligent le sculpteur à avoir un atelier plus spacieux. De plus, cela contribue à augmenter ses frais d'entreposage et de transport. Or, pour vivre de son travail, objectif poursuivi par tout professionnel, le sculpteur ne peut ignorer ses frais de production. Il doit les inclure dans le prix de vente de ses oeuvres. C'est ce qui explique que, bien qu'il conserve généralement une marge bénéficiaire plus mince que ses confrères d'autres disciplines, le sculpteur doit demander un prix beaucoup plus élevé qu'eux pour une oeuvre de format comparable. En abaissant indûment ses prix en deçà de ses coûts de production, il contreviendrait aux règles de concurrence loyale que lui impose son code d'éthique.

Comme tout autre fabricant, le sculpteur est tenu de respecter ses engagements contractuels et ses ententes verbales concernant la réalisation, la diffusion et la mise en marché de ses oeuvres. Le respect de la taille du tirage, des normes de qualité et des législations sur l'environnement, de même que la rectitude des informations fournies aux consommateurs font évidemment partie des responsabilités de l'artiste.

Plus largement, il lui faut respecter toutes les lois, les règles et les règlements régissant les pratiques commerciales. La loi québécoise sur le statut de l'artiste vient encadrer ces pratiques commerciales et fixer les règles de conduite des artistes et de leurs partenaires commerciaux. Ainsi, cette loi fournit le cadre minimal des relations contractuelles entre les artistes et leurs partenaires. D'ailleurs, comme dans tout autre domaine, dans le domaine de l'art, toute relation d'affaires devrait s'appuyer sur un contrat régissant les relations entre les parties. Dans le cas d'oeuvres collectives ou encore d'oeuvres requérant la collaboration de praticiens ou d'autres techniciens, un contrat devrait clairement établir les titres de propriété intellectuelle sur l'oeuvre ou les modalités de leur partage. Pour éviter tout litige, ce contrat devrait également confier la gestion du droit de propriété intellectuelle à un des collaborateurs.

Parmi les règles de conduite, la loyauté envers ses partenaires commerciaux, co-auteurs, agents ou marchands s'impose. Ainsi, le sculpteur doit respecter la cote qu'il a établie avec ses intermédiaires et n'avoir qu'un seul prix sur le marché sous peine de créer sur ce marché un climat d'instabilité, d'insécurité néfaste à long terme, sans parler du risque de perdre des alliés précieux.

De même, il doit respecter ses ententes avec son ou ses représentants, en refusant d'intervenir directement dans une transaction ou même dans une relation amorcée par l'un d'entre eux. S'il vend directement à l'atelier, le sculpteur doit respecter les lois fiscales en vigueur.

Pour le consommateur, cela implique que, dans ses relations commerciales avec l'artiste, il respecte aussi les obligations de ce dernier à l'égard de tiers. Tenter de faire pression sur le sculpteur pour l'inciter à trahir ses obligations et ses engagements, c'est menacer la stabilité de son marché. A long terme, cela risque d'affecter la valeur de l'oeuvre ainsi acquise. Le respect des règles du jeu par tous les partenaires commerciaux est essentiel à la santé du marché de la sculpture.

Les amateurs d'art ont le droit d'exiger le respect de leur vie privée. Pour diverses raisons dont la protection contre le vol, ils peuvent exiger d'un marchand ou d'un artiste qu'ils respectent leur anonymat en ne dévoilant pas publiquement qu'ils sont les propriétaires d'une oeuvre d'art. Avant de divulguer le nom d'un collectionneur privé dans un curriculum vitae ou dans toute autre publication ou de fournir une telle information à un tiers, l'artiste et son marchand doivent obtenir l'autorisation du collectionneur concerné.

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