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guide des relations sculpteur-consommateurDocumentation » Guide des relations sculpteur-consommateur » page 6Les mots soulignés sont particuliers à la pratique. Vous n'avez qu'à les cliquer pour lire leur définition. Le marché de la sculpture originale (suite)8- Fiche technique d'identification
Les problèmes du marché de la sculpture originale à tirage limité sont largement liés au manque d'information des consommateurs
et à l'absence de réglementation sur l'étiquetage des oeuvres d'art. Aussi, proposons-nous l'utilisation par les artistes,
les marchands et les collectionneurs d'une fiche d'identification comportant une information détaillée sur les sculptures
offertes à la vente. Au moment de la revente, cette
fiche technique accompagnée du
devis d'entretien serait remise aux nouveaux propriétaires de l'oeuvre.
En plus de garantir l'authenticité de l'oeuvre et les limites du tirage, ce qui protégerait le consommateur contre les fraudes, cette fiche faciliterait l'assurance de l'oeuvre et, éventuellement, sa revente. La présence en annexe d'une liste des propriétaires successifs de l'oeuvre favoriserait son historicité et, conséquemment, faciliterait sa revente. On sait qu'à qualité comparable, les oeuvres bien documentées obtiennent souvent de meilleurs prix. À moyen terme, l'existence et l'usage d'une telle fiche permettraient d'assainir ce marché et d'y rétablir un climat de confiance, du moins en ce qui concerne la production contemporaine. Il serait utile de joindre en annexe à cette fiche, une ou plusieurs photographies de l'oeuvre, authentifiées par l'artiste, qui pourraient être utilisées aussi bien pour l'identification de l'oeuvre et pour fins d'assurance que pour sa restauration, si nécessaire. Le devis d'entretien l'accompagnant éviterait au consommateur des erreurs irréparables et faciliterait éventuellement la restauration de l'oeuvre dans le respect des intentions de l'auteur. 9- Conservation et restauration des sculptures
L'attitude par rapport à la performance des oeuvres d'art et à leur
conservation
a beaucoup évolué au cours du XXe siècle. Autrefois, on considérait qu'il fallait préserver à tout prix l'aspect de la version
finale d'une oeuvre d'art; symbole de la victoire de l'esprit sur la matière, l'oeuvre d'art devait être intemporelle et
survivre intacte aux outrages du temps. Aujourd'hui la dimension temps intervient de plus en plus souvent, l'évolution
naturelle de la matière étant davantage acceptée, et par les artistes, et par les amateurs de leurs oeuvres.
Les conditions de conservation des oeuvres d'art ont changé. Certes, on connaît mieux aujourd'hui les conditions idéales de conservation des différents matériaux dont sont faites les oeuvres d'art et théoriquement, on devrait pouvoir mieux prévenir les méfaits du temps. Mais l'augmentation de la pollution rend ce contrôle des plus incertains. Les oeuvres publiques, les oeuvres placées à l'extérieur sont particulièrement vulnérables et il nous faut même reconsidérer la permanence de matériaux comme le marbre et le bronze patiné qui avaient une réputation de résistance quasi illimitée aux atteintes du temps. La pollution les affecte parfois irrémédiablement comme elle affecte tous les autres objets matériels. Dans les conditions actuelles, les artistes ne peuvent plus garantir totalement la pérennité de leurs oeuvres. Tout au plus, le sculpteur peut-il assurer le consommateur qu'il a pris toutes les mesures nécessaires quant au choix de matériaux éprouvés, sélectionnés en fonction de l'emplacement prévu, aux techniques et procédés de fabrication utilisés et qu'il a fourni les renseignements pertinents sur les composantes de l'oeuvre de même que sur son usage et son entretien. De leur côté, les amateurs d'art devraient toujours se renseigner sur la permanence probable et le mode d'entretien d'une sculpture avant de l'acquérir et vérifier si elle a été conçue pour l'extérieur ou uniquement pour l'intérieur. En l'absence d'informations sur ces questions, ils devraient s'enquérir auprès de l'artiste ou d'un autre expert avant d'installer une sculpture à l'extérieur ou de procéder à l'entretien ou au nettoyage d'une pièce de leur collection. Certains produits de nettoyage, certaines cires ou certains vernis peuvent endommager irrémédiablement la patine ou le fini d'une sculpture, diminuant de beaucoup sa valeur marchande. L'auteur, les départements de conservation des musées ou le Centre de conservation du Québec sont susceptibles de fournir de telles informations aux amateurs. Le collectionneur ne devrait jamais tenter de restaurer lui-même une sculpture qui a été endommagée. Quel que soit les honoraires demandés par un expert en restauration, il est toujours plus économique de recourir à ses services que de faire une erreur irréparable qui entraînera irrémédiablement la dévaluation de l'oeuvre. Les grands musées, le Centre de conservation du Québec, à Québec, ou l'Association canadienne des restaurateurs professionnels peuvent vous fournir les noms d'experts oeuvrant dans votre région. Par ailleurs, la curiosité des artistes modernes et contemporains pour l'innovation et la recherche les a souvent amenés à utiliser de nouveaux matériaux dont la résistance aux éléments et à la pollution n'avait pas encore été éprouvée ou dont les qualités étaient surestimées par leur fabricant. Ainsi, un matériau de synthèse comme l'acier Corten ou Selcoloy qui avait été développé afin d'augmenter la résistance de l'acier à l'humidité et dont l'utilisation en art s'était répandue au cours des années soixante, s'est avéré plus sensible à la pollution et moins efficace que ne l'avait prévu ses fabricants. Plusieurs artistes qui l'ont beaucoup utilisé à l'époque, doivent aujourd'hui le traiter pour arrêter la corrosion. Ils modifient ainsi l'aspect de la surface, rouge velouté, prévu initialement. Chaque sculpteur opte pour une solution qui corresponde le mieux à sa version de l'oeuvre. Ainsi aux États-Unis, alors que Tony Rosenthal a choisi de repeindre en noir la plupart de ses sculptures exécutées dans ce matériau, privilégiant ainsi le dessin et la forme de l'oeuvre par rapport à sa couleur et à sa texture, Charles Ginnever a préféré conserver l'aspect naturel du métal, recommandant que ses sculptures d'acier brut soient périodiquement polies et huilées. Le choix du type d'intervention relève uniquement de l'artiste qui est le seul à pouvoir décider si le fini de l'oeuvre peut être modifié et comment il peut l'être. Autant que possible, il devrait manifester son intention quant à l'évolution de son oeuvre au moment de la vente de l'oeuvre ou même de sa création. L'utilisation de matériaux organiques présente des risques particulièrement importants du point de vue de la conservation, car leur dégradation est souvent plus rapide que celle des matériaux inorganiques et il est difficile d'arrêter, voire de ralentir un processus de dégradation lorsqu'il est amorcé. Bien plus, les parasites qu'ils peuvent abriter, sont susceptibles de contaminer les oeuvres d'art environnementales, des oeuvres parfois d'une très grande valeur. L'artiste qui introduit ainsi des parasites dans une collection par le biais de son oeuvre, s'expose à des poursuites. Par ailleurs, des matériaux qui, utilisés séparément, offrent un bon potentiel de conservation, peuvent être incompatibles entres eux, ce qui contribue également à la dégradation des objets dont ils sont fabriqués. Il importe donc que les sculpteurs se montrent prudents dans l'utilisation de nouveaux matériaux et de matériaux de rebut, de même que dans l'exécution d'assemblages. S'ils utilisent des matériaux de rebut, ils devraient procéder à leur décontamination avant de les introduire dans leur oeuvre. Ils devraient également se renseigner adéquatement sur la résistance des matériaux qu'ils se proposent d'utiliser et sur leurs conditions d'utilisation et prévenir les acheteurs éventuels de leurs oeuvres des risques encourus, lorsqu'ils utilisent malgré tout des matériaux qui n'ont pas été totalement éprouvés. Par ailleurs, les sculpteurs ne sauraient être blâmés s'ils ont eux-mêmes été mal informés ou trompés par les fabricants d'un nouveau matériau. De leur côté, les acheteurs devront être conscients de ces risques et les assumer conjointement avec l'artiste lorsqu'en toute connaissance de cause, ils choisissent une oeuvre réalisée dans de nouveaux matériaux ou selon de nouveaux procédés. |
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