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guide des relations sculpteur-consommateurDocumentation » Guide des relations sculpteur-consommateur » page 5Les mots soulignés sont particuliers à la pratique. Vous n'avez qu'à les cliquer pour lire leur définition. Le marché de la sculpture originale (suite)7- Modèles en réductions et agrandissements
Aucune loi n'interdit précisément à l'artiste les agrandissements et les
réductions,
et on retrouve fréquemment sur le marché plusieurs variations
d'échelle
d'un même modèle de sculpture. C'est le cas particulièrement pour les oeuvres de sculpteurs réputés ou populaires. Quel
comportement le sculpteur doit-il adopter? Peut-il reprendre indéfiniment la même forme lorsqu'elle plaît aux amateurs,
en augmentant ou en réduisant simplement son échelle de quelques dixièmes de centimètres? Comment alors le consommateur
pourra-il se retrouver parmi tout ces exemplaires de tailles différentes? Est-ce que toutes ces sculptures pourront être
considérées comme des oeuvres originales ? Sinon, quel tirage, quelle échelle devra-t-on préférer?
La législation française au sujet des oeuvres originales se réfère au projet original de l'artiste quant à la version finale de l'oeuvre, et considère comme oeuvres d'art originales les exemplaires de la série dont l'échelle correspond à sa volonté première. Si, au moment de la conception de l'oeuvre, l'artiste choisit de la réaliser en petit format, les agrandissements, à moins de transformations notables, sont considérés comme des copies. Et il en est de même pour les réductions d'échelle, qu'elles soient plus ou moins probantes. La législation américaine fait preuve d'une plus grande tolérance à l'égard des réductions ou agrandissements réalisés sous le contrôle direct de l'artiste, mettant toutefois en garde les créateurs et les consommateurs contre les abus. Par contre, elle interdit les réductions et agrandissements posthumes, même s'ils sont réalisés sous le contrôle des héritiers ou des ayants droit de l'artiste, à moins que le sculpteur n'ait laissé par écrit des prescriptions à ce sujet. L'artiste a-t-il d'abord conçu sa sculpture comme miniature? C'est l'oeuvre de ce format qui demeurera le format original, même si ultérieurement l'artiste réalise un agrandissement de son oeuvre. Projette-t-il plutôt une oeuvre monumentale? C'est l'oeuvre monumentale qui sera reconnue comme l'oeuvre originale, même si elle a d'abord été réalisée sous forme d'une ou de plusieurs maquettes ou modèles d'échelles plus ou moins réduites. Pour les commandes importantes, il peut arriver que l'artiste réalise ainsi plusieurs maquettes intermédiaires qui lui permettent de mieux évaluer le résultat final et au besoin d'apporter les correctifs nécessaires avant de passer au format et au(x) matériau(x) prévu(s) pour la version finale. La maquette est l'équivalent en sculpture d'une étude ou d'une esquisse en peinture. Elle a son existence propre, ce qui explique qu'elle demeure généralement la propriété de l'artiste. La version finale est rarement un simple agrandissement de la maquette. En changeant d'échelle, en la situant dans un environnement donné, l'artiste altère, transforme généralement son oeuvre. La maquette et l'oeuvre finale ont chacune leur propre finalité et doivent être clairement identifiées pour ce qu'elles sont. Au Canada, il n'existe aucune législation au sujet du statut des réductions et des agrandissements. On s'en référera donc au bon sens, aux lois du marché de l'art et aux règles générales de protection du consommateur, en limitant le nombre de réductions et d'agrandissements d'un même modèle, en proscrivant les variations d'échelles peu marquées, peu probantes, qui risqueraient de tromper les consommateurs et, surtout, en les informant correctement sur le nombre des réductions et agrandissements prévus pour un modèle donné au moment même de la mise en marché de l'édition. S'il advenait que le niveau de la demande incite l'artiste à réaliser des réductions ou des agrandissements non prévus dans le contrat initial, il devrait préalablement obtenir l'approbation de tous les propriétaires d'un exemplaire de l'oeuvre avant de procéder. Un galeriste nous a recommandé de limiter les variations d'échelle à trois formats très différents les uns des autres, soit le petit format de la sculpture de table, le format moyen et le très grand format, ce dernier étant souvent destiné à l'extérieur. Il a également proposé de limiter à trois le tirage des oeuvres de format moyen, les oeuvres monumentales ne devant être réalisées, à son avis, qu'en un seul exemplaire. Ce serait, a-t-il dit, la pratique, si ce n'est la règle, dans certains pays européens. Nous n'avons pu trouver aucune trace de telles pratiques ou de telles législations dans la littérature consultée. Sans proposer des limites aussi strictes, nous ne saurions trop encourager les sculpteurs à être honnêtes et prudents. Le marché de l'art est particulièrement fragile; la moindre incertitude risque de le briser. Il importe donc de respecter les consommateurs en les informant correctement sur la taille du tirage et le nombre de variations d'échelle de l'oeuvre qui leur est proposée. Artistes et marchands doivent toujours se rappeler que la rareté joue un rôle capital dans la fixation du prix et dans l'appréciation des oeuvres d'art. En inondant le marché pour répondre à une demande ponctuelle, on risque de détruire ce marché à plus ou moins long terme. La différence de prix entre les exemplaires de l'échelle de la version finale telle que conçue initialement par l'artiste et ceux d'autres échelles, agrandissements et/ou réductions, devrait clairement distinguer le format de la version finale des autres. La taille des tirages des différentes variations d'échelle pourrait également fournir des indications précieuses aux consommateurs. Ainsi, les réductions ou agrandissements pourraient être réalisés en plus grand nombre d'exemplaires ou même faire l'objet d'une édition illimitée offerte à un prix relativement bas, ce qui permettrait d'éviter toute confusion. Quant aux amateurs d'art, ils se doivent d'être des plus vigilants et de bien s'informer sur les oeuvres d'art qu'ils veulent acquérir comme ils le font pour n'importe quel autre produit. Pour les achats importants, il s'impose de se documenter dans les revues et les livres d'art, dans les catalogues d'exposition et les catalogues raisonnés et de rechercher de l'information auprès d'experts reconnus sur l'oeuvre convoitée aussi bien que sur les problèmes d'authenticité, d'originalité ou de tirage, particuliers à son auteur. Il est indiqué de toujours observer ces règles élémentaires de prudence, surtout dans un pays comme le Canada où le marché de la sculpture d'édition n'est pas encore réglementé. En raison de l'importance de la demande par rapport à l'offre, les oeuvres d'artiste réputés ou de vedettes du marché de l'art sont les plus susceptibles de faire l'objet de fraudes, surmoulages et autres contrefaçons. C'est d'abord chez eux qu'on risque de trouver des tirages excessifs, des agrandissements ou des réductions d'échelle quasi illimités. On connaît les cas fameux des oeuvres du populaire sculpteur américain, Frederic Remington et de celles d'Auguste Rodin qui ont fait l'objet de nombreux surmoulages, de réductions, d'agrandissements et de tirages très élevés, du vivant même de ces artistes. Il faut se rappeler qu'il n'y avait pas alors de réglementation stricte concernant les éditions de bronzes d'art. Par le passé comme de nos jours, certains artistes ont cédé à l'appel du profit sacrifiant parfois la qualité à la quantité. Dans son rapport de 1974, le College Art Association des États-Unis recommandait que toutes les reproductions et copies posthumes d'une sculpture soient clairement identifiées comme telles dans le cadre de leur diffusion. Cette information devait, croyait-on, être clairement gravée ou inscrite dans l'objet même ou sur la plaque d'identification. De plus, elle devait apparaître sur toutes les factures concernant les ventes successives de l'objet, dans le matériel publicitaire ou dans les catalogues d'exposition et autres publications où elle est mentionnée ou reproduite. La responsabilité d'une information adéquate sur de telles copies incombait, affirmait-on, autant aux artistes et à leur ayants droit qu'aux autres intervenants, marchands, "encanteurs", conservateurs de musées ou critiques d'art. Nous adhérons entièrement à ces recommandations. Ce qui doit finalement inspirer le collectionneur, tout comme l'artiste, c'est la recherche de la vérité et de la qualité artistique. Le niveau élevé d'exigence de l'amateur, sa compétence, son oeil obligeront tous les autres intervenants à une plus grande rigueur. |
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